Manga

Void

VOIDBroché : 216 pages
Éditeur : Taifu Comics
Collection : Taifu Yaoi
Date de sortie : 23 novembre 2017
Prix : 11,90€

Résumé

À l’occasion de son anniversaire, Maki reçoit comme cadeau Arata, un humanoïde fabriqué par les humains pour devenir son « animal de compagnie ». Une surprise qui n’enchante guère Maki, jusqu’à ce qu’on lui annonce que ce dernier a la particularité d’avoir les gênes du défunt Ren, l’homme qu’il aimait et qui l’a trahi par amour pour son grand frère. Le cœur de Maki n’ayant jamais pu soigner sa profonde blessure, pourra-t-il se venger sur Arata et obtenir l’amour inconditionnel qu’il espérait tant de la part de Ren ?


Mon avis

Annoncé comme la grosse sortie de cette fin d’année chez Taifu Comics, j’attendais ce titre avec impatience tant le concept semblait intéressant. De plus, l’édition semblait vraiment très belle avec une couverture recouverte d’un pelliculage (polypropylène) à effet brillant tissé, avec un format plus grand qu’à l’accoutumé (15x21cm) et qu’elle est entièrement non censurée.

Lorsque j’ai reçu ce tome, j’ai vraiment apprécié la couverture et le format plus grand. Puis, je l’ai ouvert pour le lire, et tout mon enthousiasme a disparu en quelques minutes. Tout d’abord, pas de pages couleurs (alors qu’en général c’est le point fort des éditions Taifu) et surtout, deux chapitres entiers de sexe glauque et malsain. Alors je n’ai rien contre ça, je le dis et le répète, mais il faut que ça serve le scénario !!

Ici ce n’est clairement pas le cas, car nous suivons Maki, un homme qui reçoit en cadeau (qu’on lui offre de force alors qu’il n’a rien demandé) un humanoïde qui aurait reçu les gènes et certains souvenirs de Ren, son amour défunt.

L’idée est donc très intéressante, j’aime beaucoup le concept, mais la manière donc cela est abordé est tellement cliché. Il faut savoir que dans ce manga, les humanoïdes que l’on peut se payer sont considérés comme des animaux de compagnies. Ils ont également un Imprint, qui est un système qui fait en sorte qu’ils s’attachent à la première personne qu’ils voient lorsqu’il sont activés. On a donc ici une imprégnation dans laquelle l’humanoïde va aimer son maitre comme un enfant aime ses parents (je n’invente rien c’est dit texto comme ça dans le manga).

Alors je ne sais pas ce qu’il en est pour la mangaka, mais chez les gens normaux, lorsque l’on adopte un animal ou un enfant, on ne leur fait pas subir ce que Maki fait subir à Arata. Car lors des deux premiers chapitres, il passe son temps à le violer, à le rabaisser, à l’humilier. Il n’y pas d’autre mot. Comme il voit en Arata le souvenir de Ren, il va aussitôt le détester, et lui faire subir tous les sévices sexuels possibles. L’humanoïde va même dire « non » à plusieurs reprises, mais son Imprint l’empêche de vraiment se rebeller. En gros, il est juste un robot de sexe dont on peut faire ce qu’on veut. Cela n’aurait pas été dérangeant outre mesure si à plusieurs reprises, pour le rendre tout mignon, on ne l’avait pas comparé à un enfant ou un animal ! Je sais que souvent dans les yaoi, ils ne comprennent pas que quand un partenaire dit non, c’est non, mais dans Void, ça va quand même très loin. Les deux premiers chapitres encouragent la culture du viol, et même si Arata est un Humanoïde il a quand même des émotions, il y a même une sorte de SPA pour Humanoïdes ayant été maltraités, c’est bien la preuve que ce ne sont pas des objets dont on peut disposer comme on veut !!

Et là, subitement, après la fin du deuxième chapitre, lorsque l’on se demande à quel moment on va aller poser le manga pour aller vomir, comme par magie, Maki devient gentil et le manga devient enfin agréable à lire. C’est assez déstabilisant, mais le manga commence vraiment au troisième chapitre. Et à partir de là, c’est un tout autre manga qui débute. La relation entre les deux personnages est vraiment belle, Maki se rend compte qu’il est allé trop loin, et Arata est vraiment attachant. On en apprend plus sur la relation qu’il y avait entre Ren et Maki avec quelques flashbacks fort intéressants. Les dessins, qui ne sont plus centré sur le sexe, deviennent vraiment magnifiques, avec des expressions faciales criantes de vérité, des décors vraiment très beaux et une ambiance poétique et doucereuse. Sauf que hélas, il ne reste plus que trois chapitres plus l’épilogue pour finir le manga et de fait, le scénario manque cruellement de développement. Il n’y a aucun mystère, aucune surprise, le manga fini comme on s’en doutait en lisant le résumé. Pire, la mangaka tombe dans le cliché en faisant se terminer son manga par un épilogue consacré au sexe (comme le font beaucoup trop de yaoi), mais cette fois-ci de la plus belle des manières.

Void est donc bien présenté, bien emballé, on nous vends quelque chose de superbe mais au final, j’en suis ressorti très déçu. Surtout qu’a aucun moment il n’y a de prise de risque. Je veux dire, l’Imprint et les robots sexuels, cela n’a rien de nouveau. On a tous vu « IA » de Spielberg et Kubrick dans lequel le petit enfant est imprégné. Je ne parlerais même pas des récits d’Isaac Asimov, le maitre des robots. Je pense également à la série « Real Humans » qui avait un fort potentiel et qui traitait également d’androïdes qui avaient pour fonction d’être la copie d’un être défunt et d’agir comme tel. Alors c’est peut-être novateur dans le yaoi, mais pour quelqu’un comme moi qui ne lit pas exclusivement que cela, ben, j’ai eu un sentiment de déjà vu.

Void est un manga qui se lit rapidement (comptez 30 min) et qui est bien loin du phénomène qu’on nous annonçait. Il y a certes de beaux dessins, mais ça ne sauve pas le truc. Après je suis peut-être un peu trop dur avec ce titre, mais j’ai beaucoup de mal à m’attacher à un personnage qui ne comprends pas quand on dit « non ». Pour moi c’est du viol, et je ne peux pas cautionner cela, même dans un manga, même envers un robot, il y a des choses qui ne se font pas. Quand je vois la qualité des manga de Ringo Yuki (Goodbye Lilac, Tamayura ou The first love melt in ultramarine) ou des titres comme Color Recipe, Neon Sign Amber ou L’étranger du zéphyr qui sont bien plus intéressants, qui traitent de sujets difficile avec justesse et qui ne tombent jamais dans le cliché, je ne peux pas mettre une bonne note à Void, qui a voulu trop en faire dans les deux premiers chapitres et qui est tombé dans la facilité.

Ma note : 10/20

Site de l’éditeur

31 réflexions au sujet de « Void »

  1. Ouais tu m’as bien regfroidi…comme tu dis l’emballage est joli et tout mais bon2 chapitres de sexe plus le prologue ça fait beaucoup…je le prendrai si je le trouve en occas un jour…(et puis lu en 30min ca fait un peu cher le tome)…

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  2. J’aime bien quand un blogueur dit franchement ce qu’il pense. Nous savons que la culture japonaise vis a vis du sexe, de la domination est particulière et difficile à comprendre. Peut-être qu’au Japon ce type d’histoire trouve son publique et peut trouver une justification sociétale (une critique par l’absurde que l’on ne verrait pas de France?) mais j’avoue que quand c’est voyeur et sans justification comme tu le dis c’est pas cool. J’ai eu la même réaction avec le comic « Big man plan d’Eric Powel que je n’ai pas lu a cause du super-trash en mode torture que l’on voit à l’intérieur. Tout peut être montré mais pas à tout le monde et pas pour n’importe quelle raison…

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  3. J’avais lu des critiques plutôt bonnes à part certains commentaires sur le côté « sombre » de Maki mais ton avis m’a définitivement aidé à prendre ma décision, sachant que ce n’est pas mon « genre » de base, je ne pense pas l’acheter du coup du moins pas pour le moment ^^

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